Suite Ă la parution du dĂ©cret du 17 avril 2023 prĂ©cisant les modalitĂ©s dâapplication de la procĂ©dure de dĂ©mission prĂ©sumĂ©e crĂ©Ă©e par la loi du 21 dĂ©cembre 2022 (dĂ©cret n°23-275 du 17 avril 2023), le Conseil dâĂtat avait Ă©tĂ© saisi par plusieurs syndicats de salariĂ©s demandant lâannulation du dispositif.
Dans sa dĂ©cision du 18 dĂ©cembre 2024 (CE n°473640), le Conseil dâĂtat :
â
Valide le décret paru en 2023, et donc le dispositif.
âïž Ajoute une mention nouvelle Ă la mise en demeure que doit notifier lâemployeur au salariĂ© (article R.1237-13 alinĂ©a 1 du Code du travail).
âïž Dans cette mise en demeure, lâemployeur demande au salariĂ© de justifier de son absence ou de reprendre le travail dans un dĂ©lai de 15 jours Ă compter de la prĂ©sentation dudit courrier.
đ DĂ©sormais, la mise en demeure devra prĂ©ciser :
« QuâĂ dĂ©faut de reprise dans le dĂ©lai imparti, le salariĂ© sera considĂ©rĂ© comme ayant dĂ©missionnĂ© de son poste. »
Selon le Conseil dâĂtat, pour que « la dĂ©mission du salariĂ© puisse ĂȘtre prĂ©sumĂ©e [âŠ.], le salariĂ© doit ĂȘtre nĂ©cessairement informĂ©, lors de la mise en demeure, des consĂ©quences pouvant rĂ©sulter de lâabsence de reprise du travail, sauf motif lĂ©gitime justifiant son absence. »
đ ConsĂ©quence pratique :
Les employeurs devront donc ajuster leurs pratiques pour respecter cette obligation.
đ© Point non tranchĂ© :
Le Conseil dâĂtat ne sâest pas prononcĂ© sur une autre question soulevĂ©e par les syndicats : la compatibilitĂ© entre la procĂ©dure de dĂ©mission prĂ©sumĂ©e et le licenciement pour faute. En effet, cette disposition figurait temporairement dans une FAQ du ministĂšre du Travail qui a Ă©tĂ© retirĂ©e. Le Conseil dâĂtat considĂšre donc quâil nây a pas lieu de statuer.
đ DĂ©cision complĂšte : https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/dĂ©cision/2024-1218/473640
DroitDuTravail #ConseilDĂtat #RuptureContrat #RH #LĂ©gislation